LA CHAPELLE SAINT-ETIENNE DE BRAGUSE :un primitif ermitage..
Elle n'est accessible qu'à pied par une descente rocailleuse, non loin du cimetière. De la place du bourg, vers l'est, on l'aperçoit au
bas de la deuxième coulée de rochers. Les anciens avaient bien du courage pour franchir les obstacles naturels, lorsqu'il s'agissait d'aller y rencontrer le Seigneur... " Là, de rocs en rocs lancée brusquement,
la Montane roule avec un grand bruit au long d'une chapelle, monument d'art en ruine " (Chanoine Joseph Roux). Une façade vulnérable, émouvante comme deux mains jointes, en aval de l'échine rocheuse qui la
prolonge en procession minérale, une belle porte en plein cintre (surmontée d'un écu aux armes des Len-tilhac côté face, encadrée à l'intérieur de deux colon-nes engagées avec chapiteaux), une corniche soute-nue de
modillons, un étage percé d'une baie rectan-gulaire, un clocher-pignon à deux ouvertures, un départ de contrefort, voilà tout ce qui demeure de la chapelle du XIIe s. jadis paroisse, bâtie sur l'ora-toire où saint
Dumine vécu, mourut, et fut inhumé. Son emplacement lui avait été indiqué miraculeusement, une colombe ayant laissé tomber là un reste des branchages de son premier ermitage écroulé un peu plus haut, un jour d'orage.
La déclivité ne permettait pas l'orientation litur-gique de l'édifice. Ce qui ne fut pas réalisé au xve s. pour l'église paroissiale, implantée selon les mêmes contraintes topographiques dans le bourg, se vit adopté ici
- cas rarissime - par les ancêtres médié-vaux inflexibles sur la règle : l'abside fut ouverte sur le flanc de la nef à l'orient, c'est-à-dire à gauche. |